Présenté au festival de cannes et injustement ignoré tout comme le superbe Valse avec bashir, Surveillance est une agréable surprise qui débarque (presque) sans prévenir en cet été plutôt chargé.
Évidemment, impossible de passer totalement inaperçu quand on est la fille d'un certain David Lynch, un des réalisateurs les plus importants de notre époque avec Michael Mann et Sire Scorsese.
Étant fan du monsieur à qui l'on doit les géniaux Lost Highway et Mulholland Drive, et se posant ici comme producteur (c'est toujours pratique), l'impatience à l'idée de découvrir les nouveaux travaux de sa chère petite fille de quarante ans (et oui le temps passe...) était grande !
Ça commence donc par un meurtre dans un motel plutôt sordide en pleine nuit d'une rare brutalité, limite regardable, ( à vous broyer les oreilles tellement les coups de bat de baseball et les cries des victimes sont forts et réalistes!) entrecoupé par un générique quand à lui très silencieux.
Après cette introduction éprouvante, la réalisatrice nous fait découvrir les protagonistes (le point fort du film), tous un peu dingue et nous rappelant immédiatement ceux de la ville de Twin peaks (rappelez vous Ray Wise en fou possédé ! ). Parmi eux, on retrouve deux agents du F.B.I (Bill Pullman et Julia Ormond, qui, eux aussi, ne sont pas méconnus de l'univers du papa Lynch ! ) venus enquêter sur un mystérieux incident que le spectateur découvrira progressivement au fil du récit...
L'action se met donc vite en place dès lors que nos deux enquêteurs aient débarqués dans un petit commissariat situé au milieu de nulle part, sorte de lieu perdu pas vraiment rassurant où l'on ne serait pas étonné le moindre instant de voir débarquer l'un des bouseux de Délivrance ! L'accueil réservé à nos deux Sherlock instaure immédiatement une tension quasi mystique par moment (les dialogues semblent comme suspendus dans le temps, apportant une fois encore un coté très Lynchien au film) qu'on aurait cependant aimé légèrement plus tendus (enfin bon on va pas se plaindre tellement la suite est bonne !). Les protagonistes apparaissent ensuite presque tous dans leur intégralité et le film (ou plutôt...le jeu ?) peut, à ce moment là, réellement commencer...
Pour la mise en scène, on pense tout de suite à Jackie Brown de Monsieur Trentino (vivement son remake de Faster, pussycat kill ! kill !!!!! ) où la même scène apparaissaient sous les différents point de vu des personnages bien évidemment. Surveillance n'utilise que très brièvement ce procédé car il n'est en fait qu'un grand flash back retraçant le fameux « incident » . C'est donc entrecoupé de témoignages en salle d'interrogatoire (sous l'½il de Bill Bulman qui scrute les écrans en noirs et blancs des différentes pièces où sont placés les suspects) que la vérité nous sera révéler...ou plutôt...le mensonge dont tout le monde à été la victime et qui bien sur sera fatal à ceux ne l'ayant pas démasquer...
Alors certes, le twist final peut très facilement se deviné dès les cinq premières minutes si toi public tu es vigilant à certains dialogues étranges mais là n'est pas forcément l'intérêt du film de Jennifer Lynch. Non, dans Surveillance, ce sont les personnages les stars : deux flic barrés qu'on aimerait pas rencontré mais qui nous font bien marrer (quoique...ils savent aussi nous faire flipper ces deux là), un couple très rock'n'roll de deux junkies qui dans un futur punk à la new York 1997 n'auraient eu aucun mal à s'adapter (du moins pour le look ensuite questions courages et « avoir des couilles » c'est autre chose pour le monsieur notamment ), et enfin une gentille petite famille dont la seule survivante de la « Tuerie » (non allez voir le film vous n'aurez droit à aucun Spoiler !) se trouve être...une fillette blonde, plus ou moins à l'origine du dramatique et sanglant événement...On n'en dira pas plus ! Si ce n'est les magnifiques décors naturels à la Mad Max avec ses bandes blanches ornant les kilomètres infinis de routes. On rajoute à tout cela une photo très intéressante qui nous fait vaguement pensé à celle de l'armée des morts pour le grain de l'image et les lumières parfois nauséeuses !
Au final, Mlle Lynch signe avec son deuxième long métrage un thriller efficace et unique nous plongeant au c½ur de la folie malsaine et dérangeante de l'âme humaine. Un film noir, violent, drôle et par-dessus tout réussis. Une ½uvre personnelle qui frôle le statut de « culte».
Petite précision, également présent en tête d'affiche, le génial Michael Ironside (Total Recall !) se voit malheureusement assez mal exploité (on ne néglige pas un telle acteur quoi !)...Une petite déception pour un film à voir absolument !